سُورَةُ عَبَسَ
Sourate 80 - Abasa
Il s'est renfrogné
- 42 versets
- Juz 30
- Page 585 du Mushaf
Abasa s'ouvre sur un reproche, formulé sans qu'aucun nom soit donné : quelqu'un s'est renfrogné et détourné parce qu'un aveugle venait à lui, alors qu'il allait au-devant d'un homme qui se croit suffisant. Le texte coupe court, n'agis plus ainsi, puis dit ce qu'il est lui-même : un rappel porté par des feuilles honorées et par des envoyés nobles. Il se tourne ensuite vers l'homme, suivi de la goutte au tombeau puis au relèvement, et lui demande de regarder sa nourriture : l'eau versée, la terre fendue, les grains, les vignes, les oliviers, les palmiers. La fin annonce le Fracas, le jour où chacun fuit les siens, et partage les visages en deux.
Les grandes parties
Le texte de la sourate
بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ عَبَسَ وَتَوَلَّىٰٓ
Il s'est renfrogné et il s'est détourné
أَن جَآءَهُ ٱلْأَعْمَىٰ
parce que l'aveugle est venu à lui.
وَمَا يُدْرِيكَ لَعَلَّهُۥ يَزَّكَّىٰٓ
Qui te dit: peut-être [cherche]-t-il à se purifier?
أَوْ يَذَّكَّرُ فَتَنفَعَهُ ٱلذِّكْرَىٰٓ
ou à se rappeler en sorte que le rappel lui profite?
أَمَّا مَنِ ٱسْتَغْنَىٰ
Quant à celui qui se complaît dans sa suffisance (pour sa richesse)
فَأَنتَ لَهُۥ تَصَدَّىٰ
tu vas avec empressement à sa rencontre.
وَمَا عَلَيْكَ أَلَّا يَزَّكَّىٰ
Or, que t'importe qu'il ne se purifie pas».
وَأَمَّا مَن جَآءَكَ يَسْعَىٰ
Et quant à celui qui vient à toi avec empressement
وَهُوَ يَخْشَىٰ
tout en ayant la crainte,
فَأَنتَ عَنْهُ تَلَهَّىٰ
tu ne t'en soucies pas.
كَلَّآ إِنَّهَا تَذْكِرَةٌۭ
N'agis plus ainsi! Vraiment ceci est un rappel -
فَمَن شَآءَ ذَكَرَهُۥ
quiconque veut, donc, s'en rappelle -
فِى صُحُفٍۢ مُّكَرَّمَةٍۢ
consigné dans des feuilles honorées,
مَّرْفُوعَةٍۢ مُّطَهَّرَةٍۭ
élevées, purifiées,
بِأَيْدِى سَفَرَةٍۢ
entre les mains d'ambassadeurs
كِرَامٍۭ بَرَرَةٍۢ
nobles, obéissants.
قُتِلَ ٱلْإِنسَٰنُ مَآ أَكْفَرَهُۥ
Que périsse l'homme! Qu'il est ingrat!
مِنْ أَىِّ شَىْءٍ خَلَقَهُۥ
De quoi [Allah] l'a-t-Il créé?
مِن نُّطْفَةٍ خَلَقَهُۥ فَقَدَّرَهُۥ
D'une goutte de sperme, Il le crée et détermine (son destin):
ثُمَّ ٱلسَّبِيلَ يَسَّرَهُۥ
puis Il lui facilite le chemin;
ثُمَّ أَمَاتَهُۥ فَأَقْبَرَهُۥ
puis Il lui donne la mort et le met au tombeau;
ثُمَّ إِذَا شَآءَ أَنشَرَهُۥ
puis Il le ressuscitera quand Il voudra.
كَلَّا لَمَّا يَقْضِ مَآ أَمَرَهُۥ
Eh bien non! [L'homme] n'accomplit pas ce qu'Il lui commande.
فَلْيَنظُرِ ٱلْإِنسَٰنُ إِلَىٰ طَعَامِهِۦٓ
Que l'homme considère donc sa nourriture:
أَنَّا صَبَبْنَا ٱلْمَآءَ صَبًّۭا
C'est Nous qui versons l'eau abondante,
ثُمَّ شَقَقْنَا ٱلْأَرْضَ شَقًّۭا
puis Nous fendons la terre par fissures
فَأَنۢبَتْنَا فِيهَا حَبًّۭا
et y faisons pousser grains,
وَعِنَبًۭا وَقَضْبًۭا
vignobles et légumes,
وَزَيْتُونًۭا وَنَخْلًۭا
oliviers et palmiers,
وَحَدَآئِقَ غُلْبًۭا
jardins touffus,
وَفَٰكِهَةًۭ وَأَبًّۭا
fruits et herbages,
مَّتَٰعًۭا لَّكُمْ وَلِأَنْعَٰمِكُمْ
pour votre jouissance vous et vos bestiaux.
فَإِذَا جَآءَتِ ٱلصَّآخَّةُ
Puis quand viendra le Fracas,
يَوْمَ يَفِرُّ ٱلْمَرْءُ مِنْ أَخِيهِ
le jour où l'homme s'enfuira de son frère,
وَأُمِّهِۦ وَأَبِيهِ
de sa mère, de son père,
وَصَٰحِبَتِهِۦ وَبَنِيهِ
de sa compagne et de ses enfants,
لِكُلِّ ٱمْرِئٍۢ مِّنْهُمْ يَوْمَئِذٍۢ شَأْنٌۭ يُغْنِيهِ
car chacun d'eux, ce jour-là, aura son propre cas pour l'occuper.
وُجُوهٌۭ يَوْمَئِذٍۢ مُّسْفِرَةٌۭ
Ce jour-là, il y aura des visages rayonnants,
ضَاحِكَةٌۭ مُّسْتَبْشِرَةٌۭ
riants et réjouis.
وَوُجُوهٌۭ يَوْمَئِذٍ عَلَيْهَا غَبَرَةٌۭ
De même qu'il y aura, ce jour-là, des visages couverts de poussière,
تَرْهَقُهَا قَتَرَةٌ
recouverts de ténèbres.
أُو۟لَٰٓئِكَ هُمُ ٱلْكَفَرَةُ ٱلْفَجَرَةُ
Voilà les infidèles, les libertins.
Versets repères de la sourate
Le premier verset : quelqu'un se renfrogne et se détourne, sans que le texte dise qui.
بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ عَبَسَ وَتَوَلَّىٰٓ
Il s'est renfrogné et il s'est détourné
Le pivot : le reproche s'arrête et le texte se désigne lui-même comme un rappel.
كَلَّآ إِنَّهَا تَذْكِرَةٌۭ
N'agis plus ainsi! Vraiment ceci est un rappel -
L'invitation à regarder sa propre nourriture, qui ouvre la série des cultures.
فَلْيَنظُرِ ٱلْإِنسَٰنُ إِلَىٰ طَعَامِهِۦٓ
Que l'homme considère donc sa nourriture:
Le jour où l'on fuit son frère : le début d'une énumération de proches quittés.
يَوْمَ يَفِرُّ ٱلْمَرْءُ مِنْ أَخِيهِ
le jour où l'homme s'enfuira de son frère,
De quoi parle la sourate Abasa ?
D'une attention mal placée, puis de ce qui la remet à sa place. Le texte commence par corriger une scène, décrit ensuite ce qu'il est, et finit par rappeler d'où vient l'homme, de quoi il se nourrit et ce qu'il laisse derrière lui.
Qui est l'aveugle dans la sourate Abasa ?
Le texte ne le nomme pas. Il dit seulement qu'un aveugle est venu, qu'on s'est détourné de lui, et qu'il cherchait peut-être à se purifier ou à recevoir un rappel. Aucun autre trait n'est donné, et la sourate ne nomme pas davantage celui à qui le reproche s'adresse.
Que dit la sourate Abasa sur la nourriture ?
Neuf versets, de 24 à 32, la prennent pour preuve. Le texte remonte la chaîne : l'eau, la terre ouverte, puis huit sortes nommées l'une après l'autre, des grains aux herbages. La série se clôt sur une formule qui la destine aux hommes et à leurs bêtes.
Comment se termine la sourate Abasa ?
Par une scène brève. Un bruit est annoncé, puis chacun s'écarte de ses proches, nommés dans l'ordre où on les quitte, chacun ayant de quoi s'occuper. Les versets 38 à 41 ne décrivent plus que des visages : les uns rayonnants, les autres couverts de poussière. Le dernier verset les nomme.
Pourquoi la sourate Abasa porte-t-elle ce nom ?
« Abasa » est le premier mot de la sourate et signifie « il s'est renfrogné ». Le nom vient donc du verset 1, qui ouvre le reproche des dix premiers versets. Le texte ne dit pas qui s'est renfrogné : le verbe est à la troisième personne, et l'adresse passe au tu au verset 3.
Combien de versets compte la sourate Abasa ?
La sourate Abasa compte 42 versets. Elle porte le numéro 80 dans l'ordre du Mushaf, qui en compte 114.
Le texte arabe est celui du Mushaf. Le résumé, le plan et les réponses de cette page décrivent le texte et sa construction : ils ne sont pas un commentaire religieux.